La sécurité alimentaire est une préoccupation constante pour les professionnels de la restauration. Au-delà des règles d'hygiène strictes, la provenance des matières premières et les substances qu'elles peuvent contenir sont primordiales. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSE S) joue un rôle essentiel dans l'évaluation et la régulation des produits phytopharmaceutiques, communément appelés pesticides, et de leurs résidus potentiels dans nos aliments.
La surveillance continue des produits phytopharmaceutiques par l'ANSE S
Le procès-verbal d'une réunion du Comité d'Experts Spécialisé (CES) de l'ANSE S, datant du 30 janvier 2018, illustre la complexité et la rigueur de l'évaluation de ces produits. Ce comité est en charge d'examiner les dossiers de demandes d'autorisation ou de retrait de diverses substances actives et préparations chimiques. Ces décisions ont un impact direct sur les cultures agricoles et, par extension, sur les ingrédients utilisés quotidiennement en restauration.
Chaque substance est scrutée sous de multiples angles : son efficacité, bien sûr, mais surtout son impact sur la santé humaine, l'environnement et l'écotoxicologie. L'ANSE S s'assure que seuls les produits présentant un risque acceptable sont mis sur le marché, et retire ceux dont les dangers sont avérés ou trop élevés.
Les enjeux cruciaux des résidus dans l'alimentation
Un point central de la réunion concerne la gestion des résidus de substances actives dans l'alimentation, un sujet d'intérêt majeur pour la sécurité alimentaire.
L'évaluation des co-formulants et des mélanges
Les discussions abordent notamment les travaux de l'EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) et d'autres États membres concernant l'évaluation des substances co-formulantes et des mélanges de substances actives. Il est reconnu que l'effet combiné de ces éléments peut être différent de celui des substances prises isolément. Comprendre ces interactions est essentiel pour évaluer précisément l'exposition globale du consommateur.
Gérer l'exposition via les facteurs de transformation
Un autre aspect fondamental évoqué est l'évolution des outils européens pour la gestion de l'exposition aux substances actives des produits phytopharmaceutiques au niveau de l'alimentation. Il s'agit notamment de l'application des « facteurs de transformation ».
Ces facteurs prennent en compte la manière dont les processus culinaires (lavage, épluchage, cuisson, fermentation, etc.) peuvent modifier les niveaux de résidus. Par exemple, certains traitements peuvent réduire les résidus, tandis que d'autres peuvent les concentrer ou même les transformer en d'autres molécules. C'est une donnée cruciale qui permet d'affiner l'évaluation du risque réel pour le consommateur une fois l'aliment préparé.
Quelles implications pour les professionnels de la restauration ?
Bien que ces discussions soient techniques, elles ont des répercussions directes sur l'approche des professionnels de la restauration en matière de HACCP et d'hygiène. Voici quelques points clés :
- Connaissance des fournisseurs : Travailler avec des fournisseurs fiables et transparents sur l'origine et les traitements de leurs produits est primordial.
- Bonnes pratiques de préparation : Les actions quotidiennes en cuisine (lavage minutieux des fruits et légumes, épluchage lorsque pertinent) peuvent jouer un rôle dans la réduction des résidus. Ces gestes, souvent intégrés aux plans HACCP, prennent ici une dimension supplémentaire.
- Veille réglementaire : Rester informé des évolutions des seuils de résidus et des substances autorisées est essentiel pour garantir la conformité et la sécurité des plats servis.
L'effort continu de l'ANSE S et des instances européennes pour affiner la connaissance et la gestion des produits phytopharmaceutiques garantit une meilleure protection du consommateur. Pour les professionnels, c'est un rappel de l'importance de l'excellence en matière de sécurité alimentaire et d'une démarche proactive face aux enjeux complexes de notre chaîne alimentaire.
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